
Le texte de notre interpellation :
Partie A. Exposé
En date du 25 février dernier, un groupe de personnes a pris possession d’un bâtiment vide situé sur le territoire de notre commune au 182 Avenue de Tervueren. Dans la foulée, environ 48 heures plus tard, ce groupe a été rejoint par le Collectif « On est là » pour leur offrir l’encadrement nécessaire. Il s’agit d’un groupe de 45 personnes, 40 d’entre elles sont des femmes et des enfants âgés de 1 à 11 ans, pour la plupart d’origine congolaise.
Le bâtiment dont il est question est un immeuble de bureaux qui va être démoli pour être agrandi et reconverti en logements. Il offre actuellement toues les garanties de conformité et de sécurité requises.
Le propriétaire s’est d’abord montré réceptif, mais dans un second temps et sans en communiquer les raisons a signifié son refus de voir l’immeuble occupé illégalement et a même menacé de saisir la justice de paix pour procéder à l’expulsion.
Il est vrai que dans un monde idéal, on respecte le droit à la propriété. On ne rentre pas sans autorisation dans un bien appartenant à autrui.
Mais dans un monde idéal, aucun enfant, quelle que soit sa couleur de peau, aucun être humain, quel que soit sa nationalité ou son pays d’origine, n’a à dormir ou à vivre dehors, parce que cela est totalement contraire à la dignité humaine.
Dans un monde idéal, chaque niveau de pouvoir assume sa part de responsabilité. Le Fédéral est totalement compétent en matière d’asile et de migration, les personnes qui arrivent en Belgique dans le cadre d’une demande de protection internationale doivent pouvoir bénéficier d’un hébergement, d’une aie matérielle et d’un accès aux soins, -dans le respect de la dignité humaine.
Dans un monde idéal toujours, les décisions de justice sont respectées, même et surtout quand c’est l’Etat lui-même qui est condamné.
Nous ne vivons pas dans un monde idéal, mais dans un monde rempli de limites.
Dans le monde réel, l’Etat est le premier à ne pas respecter ses obligations légales. Des milliers de condamnations et astreintes ont été prononcées contre l’Etat belge et le réseau de l’accueil est totalement sursaturé. Et dès lors, dans le monde réel, en Région bruxelloise, 10.000 personnes se trouvent aujourd’hui à la rue ou sans chez-soi. Parmi eux, des hommes seuls, mais aussi des familles, des femmes, des enfants, et ce, même en plein hiver. Ceci est totalement scandaleux et indigne de la capitale de l’Europe.
Alors en effet, le principe du squat n’a rien d’idéal, et l’on conçoit bien d’ailleurs l’embarras du propriétaire des lieux, face au mécontentement des riverains qui composent déjà avec la présence d’un autre collectif au 158 av. de Tervueren.
Cela étant dit, et dans ce contexte tout imparfait qu’il soit, il faut pointer ceci :
- Le rapport du Siamu réalisé le 16 mars dernier est favorable ;
- Le DGDE soutient l’initiative ;
- La Région bruxelloise, par la voix de Vivalis, est prête à accorder un subside moyennant l’octroi d’une convention d’occupation ;
- La commune de WSP a voté en 2015 à l’unanimité une motion « WSP, commune hospitalière » visant à interdire les visites domiciliaires sur son territoire
- Les riverains, tout mécontents qu’ils soient, expriment le souhait d’être eux aussi entendus par les autorités communales dans le cadre des des risques de nuisances et de troubles de voisinage.
Partie B. Questions posées au Collège des Bourgmestre et Echevins
Compte tenu de tout ce qui vient d’être dit, Monsieur le bourgmestre, pouvez-vous organiser une médiation entre l’ensemble des parties prenantes, associant le collectif, les riverains, vos services, le cas échéant le service de médiation communal, afin d’aboutir à une solution durable qui puisse répondre à l’ensemble des enjeux régionaux et locaux tels que nous venons de les évoquer ?
Cécile Vainsel, Cathy Vaessen et Noureddine Chaghouani







